Léopold Sédar Senghor

Qui était-il ?

Nom de naissance  : Léopold Sédar Senghor

Nom d’usage : Léopold Sédar Senghor

Date de naissance : 9 octobre 1906 à Joal, Sénégal (Afrique-Occidentale française)

Date de mort : 20 décembre 2001 à Verson, France

Nationalité : Sénégalaise

Mouvement littéraire : Négritude

Enfance et éducation

Léopold Sédar Senghor naît dans une famille aisée de Joal, au Sénégal. Son père étant commerçant et catholique, il influence grandement son éducation. Il a suivi une formation dans des écoles missionnaires avant d’être envoyé en France pour poursuivre ses études. Élève brillant, il intègre de prestigieux établissements et devient le premier Africain agrégé de grammaire en 1935. Il débute sa carrière comme professeur de lettres classiques au lycée Descartes de Tours, avant d’être muté en octobre 1938 au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne, où une stèle rappelle aujourd’hui son passage. En parallèle de son activité d’enseignant, il suit des cours de linguistique négro-africaine avec Lilias Homburger à l’École pratique des hautes études, ainsi que des enseignements auprès de Marcel Cohen, Marcel Mauss et Paul Rivet à l’Institut d’ethnologie de l’université de Paris. Son parcours intellectuel est marqué par une forte culture classique française, mais aussi par un attachement profond à ses racines africaines.

L’époque coloniale

Pendant la période coloniale, Senghor vit entre l’Afrique et la France. Il est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale et fait prisonnier par les Allemands. Le 20 juin 1940, Léopold Sédar Senghor est arrêté par l’armée allemande. Il est ensuite interné dans plusieurs camps de prisonniers, notamment à Romilly, Troyes et Amiens, avant d’être transféré au Frontstalag 230 de Poitiers réservé aux soldats coloniaux. D’après son récit, lui et d’autres soldats noirs échappent à une exécution en criant leur attachement à la France et à l’Afrique. Il est ensuite envoyé dans un camp près de Bordeaux où il reste détenu jusqu’en 1942, année de sa libération pour raisons de santé. Durant sa captivité, il écrit des poèmes, dont Hosties noires. Après sa libération, il reprend l’enseignement et s’engage dans la Résistance au sein du Front national universitaire.

C’est à cette époque qu’il développe, avec Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas, le concept de Négritude.

La Négritude est un mouvement intellectuel et littéraire qui vise à valoriser les cultures africaines, revendiquer l’identité noire et s’opposer à l’assimilation coloniale. Après la guerre, Senghor s’engage en politique et devient député à l’Assemblée nationale française. Léopold Sédar Senghor est un partisan du fédéralisme pour les jeunes États africains qu’il imagine comme une forme de coopération proche d’un « Commonwealth à la française ». En 1957, il soutient la création d’une convention africaine visant à regrouper les territoires de l’Afrique-Occidentale française afin d’éviter leur division en petits États. Face au manque d’adhésion à ce projet, il s’associe à Modibo Keïta pour former la Fédération du Mali en 1959, regroupant notamment le Sénégal et le Soudan français. Mais très vite, des désaccords apparaissent et certains territoires se retirent. Senghor devient président de l’Assemblée fédérale tandis que Keïta dirige le gouvernement. Les tensions internes entraînent finalement l’éclatement de la fédération. Le Sénégal accède à l’indépendance le 20 août 1960, suivi peu après par le Soudan français devenu la République du Mali.

L’indépendance et la présidence

Après l’accès du Sénégal à l’indépendance en 1960, Senghor devient son premier président et l’auteur de l’hymne national sénégalais, le Lion rouge.

Durant 20 années passées au pouvoir, il met en place un État stable, une politique de coopération avec la France et un modèle de socialisme africain modéré. Contrairement à d’autres dirigeants africains, il quitte volontairement le pouvoir en 1980.

Senghor défend l’idée que la culture noire a des valeurs propres à valoriser dans le monde.

Oeuvres majeures

Léopold Sédar Senghor fut aussi un grand écrivain. Parmi ses œuvres les plus connues, nous avons :

  • Chants d’ombre (1945)
  • Hosties noires (1948)
  • Éthiopiques (1956)
  • Nocturnes (1961)

En 1983, Senghor devient le premier Africain élu à l’Académie française, reconnaissance de son importance intellectuelle mondiale. Il reste jusqu’à ce jour une figure majeure du dialogue entre les cultures. Son action a marqué durablement le Sénégal et l’Afrique, tant sur le plan politique que culturel.

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