Julius Nyerere

Qui était-il ?

Nom de naissance  :  Julius Kambarage Nyerere

Nom d’usage : Julius Kambarage Nyerere

Date de naissance : 13 avril 1922 Butiama, Tanganyika (actuelle Tanzanie) 

Date de mort : 14 octobre 1999 Lambeth, Londres

Nationalité : Tanzanienne

Professions : Enseignant, homme d’État, penseur politique

Fonction : Premier président de la Tanzanie

Enfance et éducation

Julius Nyerere naît dans une famille de chefs traditionnels du peuple Zanaki. Son père est chef local, ce qui lui permet d’avoir accès à une éducation relativement privilégiée pour l’époque. Il commence donc ses études dans des écoles missionnaires catholiques où il reçoit une formation rigoureuse. Il poursuit ses études à Makerere (en Ouganda), l’un des établissements les plus prestigieux d’Afrique de l’Est à l’époque.

Grâce à une bourse, il part au Royaume-Uni, à l’université d’Édimbourg, où il étudie l’histoire et les sciences politiques. Il est le premier Tanzanien à obtenir un diplôme universitaire à l’étranger.

À son retour, il devient enseignant, ce qui lui vaut le surnom respectueux de « Mwalimu », signifiant « instituteur » en Swahili.

L’époque coloniale

À cette époque, le Tanganyika était sous administration britannique après avoir été une colonie allemande. Les Africains étaient exclus du pouvoir politique et les inégalités très importantes. Dans les années 1950, Nyerere s’engage dans la lutte pour l’indépendance. En 1954, il fonde le Tanganyika African National Union, un parti politique qui devient rapidement le principal mouvement nationaliste. Il milite donc pour l’indépendance pacifique, l’unité entre les différentes ethnies et la dignité des Africains. Grâce à son leadership et à une stratégie non violente, le Tanganyika obtient son indépendance en décembre 1961.

Après l’indépendance, Nyerere devient Premier ministre, puis président du Tanganyika. En 1964, il réalise un projet majeur : l’union du Tanganyika avec Zanzibar pour former la Tanzanie. Cette union est stratégique et a visé à stabiliser la région. Face aux crises dans certains pays africains après les indépendances, notamment au Congo, Julius Nyerere réfléchit au rôle de l’armée. Il estime que les armées africaines ont trop d’influence en politique et ne sont pas assez fortes face aux grandes puissances. Il propose donc la création d’une armée commune pour les pays africains. En janvier 1964, une révolution met fin au sultanat de Zanzibar. Le 26 avril 1964, le Tanganyika et Zanzibar s’unissent pour former la Tanzanie. Nyerere devient président, et Abeid Karume devient vice-président. La Tanzanie soutient certains mouvements africains et participe à l’Organisation de l’unité africaine basée à Addis-Abeba.

Julius Nyerere devient ainsi le premier président de la Tanzanie, fonction qu’il occupe pendant plus de vingt ans. Il est également considéré comme le père de l’expérience Ujamaa, une politique originale en Afrique fondée sur le familialisme, la dignité et l’égalité, mise en œuvre de 1967 à 1984.

Nyerere développe une idéologie appelée Ujamaa, qui signifie « famille » en swahili. Cette philosophie repose sur la solidarité, le partage des richesses et la vie communautaire. Il s’inspire des traditions africaines et rejette à la fois le capitalisme occidental et le communisme strict.

Nyerere considère l’éducation comme essentielle au développement. Il lance une politique ambitieuse d’éducation pour tous, résultat : une forte augmentation du taux d’alphabétisation en Tanzanie. Il a lutté contre les divisions ethniques et impose le swahili comme langue nationale pour renforcer l’unité. Il soutient également le panafricanisme et les mouvements de libération en Afrique.

Dans les années 1960, Nyerere nationalise plusieurs secteurs clés comme les banques, les industries et les grandes entreprises. Il met en place une politique de regroupement des populations rurales dans des villages collectifs. La politique d’Ujamaa est aujourd’hui considérée comme un échec économique, même si ses objectifs sociaux étaient ambitieux.

Œuvres et pensée

Nyerere a écrit plusieurs textes, dont :

  • Freedom and Unity (Uhuru na Umoja): A Selection from Writings & Speeches, 1952–1965 (Oxford University Press, 1967)
  • Freedom and Socialism (Uhuru na Ujamaa) : A Selection from Writings & Speeches, 1965–1967 (Oxford University Press, 1968)
  • Freedom and Development (Uhuru Na Maendeleo) : A Selection from the Writings & Speeches, 1968–73 (Oxford University Press, 1974)
  • Ujamaa — Essays on Socialism (1977)
  • Crusade for Liberation (1979)
  • Julius Kaisari (trad. de Julius Caesar de William Shakespeare)
  • Mabepari wa Venisi (trad. de The Merchant of Venice de William Shakespeare)

Comme vous le remarquez avec cette dernière référence, il a traduit des œuvres de William Shakespeare en swahili, preuve de son attachement à la culture. Tout comme lui a impacté les mémoires, le pont Kigamboni a reçu son nom, ainsi que l’université de Kankan en république de Guinée et l’ancien barrage de Rufiji.

Julius Nyerere reste l’un des dirigeants africains les plus respectés. Son engagement pour l’unité, l’éducation et la justice sociale a profondément marqué la Tanzanie.

Même si ses politiques économiques ont été critiquées, son honnêteté et sa vision ont fait de lui une figure incontournable de l’histoire africaine.

1 réflexion sur “Julius Nyerere”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier