Les mutilations génitales féminines dans le monde

Qu’est-ce que les mutilations génitales féminines ?

Les mutilations génitales féminines sont des pratiques qui consistent à l’ablation partielle ou totale des organes génitaux féminins. Elles désignent également tout acte qui porte atteinte aux organes génitaux féminins pour des raisons non médicales.

Elles sont pratiquées sur les jeunes filles durant leur enfance à l’âge de 15 ans. Quatre types de mutilations génitales féminines ont été identifiés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il s’agit de :

  • la clitoridectomie : c’est l’ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce.
  • l’excision : elle consiste à l’amputation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres.
  • linfibulation : il s’agit ici du rétrécissement de l’orifice vaginal par la création d’une fermeture réalisée en coupant et en repositionnant les petites lèvres et/ou les grandes lèvres. Ce type de mutilation génitale est pratiquée avec ou sans l’ablation du clitoris.

Outre ces trois types, l’OMS considère également toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques. Nous pouvons citer entres autres : la ponction, le percement, l’incision, la scarification, ainsi que la cautérisation.

Les pratiquants des MGF se servent d’instruments spécifiques comme certains types de couteaux, de ciseaux, de scalpels, de morceaux de verre ou de lames de rasoir.

Généralement, ils n’emploient pas d’anesthésiants ou d’antiseptiques ; sauf lorsque l’intervention est réalisée par un professionnel de la santé.

Dans les communautés qui pratiquent l’infibulation, il est commun que les jambes des filles soient attachées pour être immobilisées pendant 10 à 14 jours pour permettre la formation du tissu cicatriciel.

Par ailleurs, il faut préciser que les professionnels de santé qui pratiquent une mutilation génitale féminine violent le droit des filles et des femmes à la vie, à l’intégrité physique et à la santé. Ils violent également le serment médical fondamental de « ne pas nuire ».

Ces pratiques sont répandues dans le monde entier. Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), environ 200 millions de jeunes filles et femmes ont été victimes des MGF.

À en croire l’Agence des Nations Unies, plus de quatre millions de filles dans le monde sont exposées à ce risque chaque année.

L’UNFPA estime d’ailleurs que 68 millions de filles risquent de subir des mutilations génitales féminines entre 2015 et 2030.

D’après une étude récente de la même agence réalisée en 2021, deux millions de victimes supplémentaires pourraient être recensées au cours de la prochaine décennie, cela en raison des fermetures d’écoles dues à la Covid-19 et de la perturbation des programmes contribuant à protéger les filles de cette pratique. 

Les mutilations génitales féminines tiennent leur cause principalement de la tradition. Dans toutes les communautés où elles sont pratiquées, elles sont le reflet d’une inégalité de genres extrêmement ancrée dans l’esprit des populations.

Selon le site du Fonds des Nations Unies pour la Population, plusieurs facteurs déclinés en cinq catégories expliquent la pratique des MGF :

  • Facteurs psychosexuels : les MGF sont un moyen de contrôler la sexualité des femmes considérée parfois comme insatiable si certaines parties des organes génitaux, le clitoris en particulier, ne sont pas retirées.
  • Elles sont censées garantir la virginité et la fidélité de l’épouse avant le mariage, ainsi qu’augmenter le plaisir sexuel de l’homme.
  • Facteurs sociologiques et culturels : les MGF sont considérées comme faisant partie de l’initiation d’une fille au statut de femme adulte et du patrimoine culturel d’une communauté contribuent à perpétuer la pratique (par exemple : amélioration de la fécondité, favorisation de la survie de l’enfant).
  • Facteurs esthétiques liés à l’hygiène : dans certaines communautés, les organes génitaux externes de la femme sont considérés comme malpropres et laids.

On justifie alors leur ablation par des arguments liés à l’hygiène et à des considérations esthétiques.

  • Facteurs religieux : bien que ni l’islam ni le christianisme ne les cautionnent, les MGF sont fréquemment justifiées par une supposée doctrine religieuse.
  • Facteurs socio-économiques : condition préalable au mariage.

Lorsque les femmes dépendent en grande partie des hommes, la nécessité économique est un facteur majeur d’acceptation de cette pratique. Les MGF constituent parfois un prérequis au droit d’hériter. Elles peuvent également représenter une source importante de revenus pour les personnes qui pratiquent les excisions.

Les MGF existent dans plusieurs pays du monde. Elles sont pratiquées par certaines communautés dans 33 pays d’Afrique, dont l’Afrique du Sud, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Liberia, le Malawi et le Mali.

Aussi, se constatent-elles dans les pays comme la Mauritanie, le Niger, le Nigéria, l’Ouganda, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, le Tchad, le Togo, la Zambie et le Zimbabwe. Outre ces pays, la pratique des MGF est constatée chez certains groupes ethniques de nations asiatiques, dont des communautés en Inde, en Malaisie, aux îles Maldives, au Pakistan et au Sri Lanka.

Au Moyen-Orient, elles sont observées à Oman, aux Emirats arabes unis, au Yémen, en Iraq et dans l’État de Palestine.

D’après les informations rapportées par www.unfpa.org, certaines communautés pratiqueraient les MGF dans des pays de l’Europe de l’Est comme la Géorgie et la Russie. En Amérique du Sud, elles existent chez des communautés de Colombie, de l’Équateur, du Panama et du Pérou.

Enfin, dans de nombreux pays occidentaux, dont l’Australie, le Canada, les pays européens et les États-Unis, les MGF sont pratiquées au sein des communautés de la diaspora, originaires de régions où elles sont répandues, toujours selon le même le site.

Les mutilations génitales féminines sont une violation apparente des droits humains. Elles entraînent plusieurs conséquences néfastes sur la santé et la vie de la jeune fille et de la femme. Ces dernières sont classées par l’OMS en trois catégories. Nous avons les conséquences immédiates telles que la douleur, les hémorragies, le risque de rétention urinaire, les infections et l’état de choc consécutif à l’intervention. Ensuite, il y a les conséquences sanitaires à long terme qui surviennent à n’importe quel moment de la vie.

Il s’agit notamment des risques comme les infections pelviennes, la stérilité, les difficultés menstruelles et les problèmes pendant la grossesse – l’accouchement (déchirures périnéales plus fréquentes et souffrances fœtales), les fistules vésico-vaginales ou recto-vaginales entraînant des problèmes d’incontinence. 

Enfin, nous avons les risques supplémentaires de complications résultant de l’infibulation. Les victimes de ces pratiques traînent des séquelles aussi bien physiques que psychologiques. 

Les Nations Unies, à travers le programme conjoint de l’UNFPA et de l’UNICEF, travaillent déjà à l’éradication de ce fléau à l’échelle mondiale.

Treize pays ont d’ailleurs adopté des lois interdisant les MGF sur le plan national depuis la mise en œuvre dudit programme.

Aussi, le programme a permis à plus de 6 millions de filles et de femmes de bénéficier de services de prévention et de traitement.

De même, 45 millions de personnes dans 15 pays ont participé à des déclarations publiques en faveur de l’abandon de cette pratique. Ces mesures devraient être soutenues par les gouvernements de tous les États du monde avec des sensibilisations destinées aux populations. D’autres nations devraient emboîter le pas à celles qui ont déjà légiféré l’interdiction des mutilations génitales féminines sur leurs territoires.

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