Tafari Makonnen

Nom de naissance  : Tafari Makonnen

Date et lieu de naissance : 23 juillet 1892 à Ejersa Goro, en Éthiopie

Date et lieu de mort : 27 août 1975 à Addis-Abeba, en Éthiopie

Mouvement principal : Gouverneur du Hararghe (1910-1916) ; Régent d’Éthiopie (1916-1930) ; Empereur d’Éthiopie (1930-1974)

Empereur d’Éthiopie pendant près de quarante-quatre ans, Haïlé Sélassié a marqué l’histoire de son pays, mais aussi celle de l’Afrique. Face à l’invasion italienne, défenseur de l’indépendance africaine et acteur majeur de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), il reste l’une des figures les plus emblématiques du panafricanisme.

Né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro, en Éthiopie, Tafari Makonnen est issu d’une famille proche du pouvoir impérial. En 1916, il devient régent et héritier du trône de l’impératrice Zaouditou et exerce progressivement une grande partie du pouvoir. En 1928, il est proclamé négus, avant d’être couronné empereur le 2 novembre 1930 sous le nom de Haïlé Sélassié Ier, ce qui lui vaut alors le titre de souverain de l’Empire éthiopien. Son règne fut notamment marqué par des réformes destinées à moderniser l’État éthiopien. L’Éthiopie rejoint la Société des Nations en 1923. L’un des épisodes les plus importants de sa vie survient en 1935, lorsque l’Italie fasciste de Benito Mussolini envahit l’Éthiopie. Haïlé Sélassié se tourne donc vers la Société des Nations pour demander une intervention internationale. Malgré ses appels, l’organisation ne parvient pas à empêcher l’occupation italienne. L’empereur quitte l’Éthiopie en 1936 et vit en exil au Royaume-Uni.

      En 1941, avec l’aide des forces alliées et de combattants éthiopiens, il retourne dans son pays après la libération du pays. Cet épisode contribue à faire de lui un symbole de la résistance africaine face à la domination coloniale européenne. Au-delà de l’Éthiopie, Haïlé Sélassié s’est particulièrement intéressé à l’unité du continent africain. Le moment le plus important de son engagement panafricain intervient en mai 1963 lorsqu’Addis-Abeba accueille la conférence qui donne naissance à l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Le 25 mai 1963, 32 États africains indépendants signent la Charte de l’OUA. L’organisation a notamment pour mission de renforcer l’unité et la solidarité entre les États africains, défendre leur indépendance et mettre fin au colonialisme sur le continent. Haïlé Sélassié joue un rôle important dans l’organisation de cette rencontre historique. Les archives de l’Union africaine soulignent notamment les efforts de son gouvernement pour permettre la tenue de cette première grande réunion consacrée à l’unité africaine à Addis-Abeba. L’actuelle Union africaine (UA), créée en 2002 pour succéder à l’OUA, s’inscrit dans cette histoire. 

L’image de Haïlé Sélassié ne se limite cependant pas à celle d’un héros africain. Son règne a également fait l’objet de critiques, notamment concernant le fonctionnement très centralisé du pouvoir et les difficultés économiques et sociales auxquelles l’Éthiopie était confrontée à la fin de son règne. La sécheresse et la famine du début des années 1970, les tensions politiques et les contestations au sein de l’armée ont progressivement fragilisé son pouvoir. En septembre 1974, il est renversé par l’armée et détenu. Haïlé Sélassié meurt à Addis-Abeba le 27 août 1975 après avoir été déposé. Les circonstances exactes de sa mort ont longtemps fait l’objet de controverses ; sa mort a officiellement été annoncée comme naturelle à l’époque, tandis que des sources historiques évoquent un assassinat. 

    Haïlé Sélassié n’a pas seulement été le dernier empereur d’Éthiopie. Il a aussi été un acteur important de l’histoire du panafricanisme et de la construction d’une institution continentale destinée à rapprocher les États africains. Son parcours, marqué à la fois par la résistance, le pouvoir, les réformes et la controverse, explique pourquoi il demeure une figure historique aussi étudiée en Afrique.

 

Panier