Njinga Mbandi

Nom de naissance  : Njinga Mbandi 

Nom d’usage : Njinga Mbande, Reine Njinga ou Reine Nzinga et Ana de Sousa, après son baptême chrétien

Date et lieu de naissance : vers 1582 ou 1583 au Royaume de Ndongo, dans l’actuel Angola

Date et lieu de mort : 17 décembre 1663 à Kabasa, dans le royaume de Matamba, actuel Angola 

La reine Njinga est considérée comme l’une des plus grandes femmes dirigeantes de l’histoire de l’Afrique. Elle est connue pour son intelligence politique, ses talents de négociatrice, son courage et sa longue résistance face à l’expansion portugaise. Son histoire est étroitement liée à celle du Ndongo et du Matamba, deux royaumes situés dans l’actuel Angola.

Enfance et origines

Njinga naît vers 1582 ou 1583 dans la famille royale du royaume de Ndongo. Son père, Ngola Kiluanji, est le souverain du royaume. Le titre de Ngola, utilisé pour désigner le roi, est à l’origine du nom actuel de l’Angola. Elle grandit dans un contexte marqué par les rivalités entre les royaumes africains et par l’arrivée des Portugais sur les côtes de l’Afrique centrale. À cette époque, les Portugais cherchaient à étendre leur influence, à contrôler les territoires et à développer la traite des esclaves.

Dès son enfance, Njinga observe les affaires politiques de son royaume. Elle apprend à comprendre les rapports de pouvoir, les alliances et les conflits. Elle développe progressivement des qualités de dirigeante et une grande capacité à s’adapter aux situations difficiles.

Au XVIᵉ et au XVIIᵉ siècle, les Portugais s’installent progressivement dans la région de l’actuel Angola. Ils cherchent à contrôler les territoires, les routes commerciales et les populations. La traite atlantique des esclaves devient également une activité importante. Le royaume de Ndongo subit alors de fortes pressions. Des populations sont capturées et envoyées vers les colonies portugaises d’Amérique, notamment le Brésil. Les autorités portugaises tentent également d’imposer leur domination politique sur les royaumes africains.

Face à cette situation, Njinga comprend que son peuple doit utiliser à la fois la diplomatie et la force militaire pour défendre son autonomie.

Avant de devenir reine, Njinga joue déjà un rôle politique important. Son frère, Ngola Mbandi, qui dirige le royaume de Ndongo, l’envoie négocier avec les autorités portugaises. En 1622, elle se rend à Luanda pour rencontrer le gouverneur portugais. Son objectif étant de discuter d’un accord permettant de réduire les conflits et de protéger son royaume. Selon un récit devenu célèbre, les Portugais ne lui auraient pas offert de siège pendant les négociations afin de montrer leur supériorité. Njinga aurait alors demandé à une de ses accompagnatrices de se mettre à genoux pour lui servir de siège. Ce geste symbolique montre qu’elle refuse d’être humiliée ou considérée comme inférieure. Toutefois, certains détails de cette scène sont surtout connus grâce aux récits historiques.

Au cours des négociations, elle accepte d’être baptisée et reçoit le nom chrétien d’Ana de Sousa. Ce choix lui permet de renforcer ses relations diplomatiques avec les Portugais.

Après la mort de son frère, Njinga prend la direction du royaume dans un contexte politique difficile. Son arrivée au pouvoir est contestée, notamment parce qu’elle est une femme et que certaines traditions privilégient les héritiers masculins.

Elle devra donc affirmer son autorité et rassembler les populations autour d’elle. Elle utilise ses compétences politiques pour créer des alliances et renforcer son pouvoir.

Njinga devient la souveraine du Ndongo. Elle cherche à préserver l’indépendance de son royaume face aux Portugais, mais les conflits se poursuivent.

Face à l’avancée des Portugais, Njinga se replie vers l’est et s’installe dans le royaume de Matamba. Elle y renforce progressivement son autorité et transforme ce territoire en une base politique et militaire solide. À partir de Matamba, elle réorganise son armée, développe le commerce et accueille des populations qui fuient les violences et les attaques portugaises. Le royaume de Matamba devient alors un État puissant. Njinga y établit une nouvelle capitale et poursuit son combat contre l’expansion portugaise. Grâce à son organisation, elle réussit à maintenir son pouvoir pendant plusieurs décennies. Dans sa lutte contre les Portugais, Njinga cherche des alliés étrangers. Elle se rapproche notamment des Hollandais qui sont eux aussi opposés aux Portugais. Cette alliance lui permet d’obtenir un soutien militaire et de renforcer sa résistance. Pendant plusieurs années, les forces de Njinga et leurs alliés affrontent les Portugais.

Après de nombreuses années de guerre, Njinga choisit de négocier avec les Portugais. En 1656, un accord de paix est conclu. Ce traité permet de réduire les conflits et de reconnaître l’autorité de Njinga sur le royaume de Matamba. Cette paix permet à Njinga de terminer son règne dans une situation plus stable et de consacrer les dernières années de sa vie à renforcer son royaume et à organiser sa succession.

La reine Njinga meurt le 17 décembre 1663, à l’âge de 80 ans environ. Sa mort marque la fin d’un règne exceptionnel. Elle avait dirigé ses royaumes pendant plusieurs décennies et résisté longtemps aux ambitions coloniales portugaises.

Après sa disparition, le royaume de Matamba continue d’exister, mais son influence politique diminue progressivement.

La reine Njinga est aujourd’hui une figure majeure de l’histoire de l’Angola et de l’Afrique. Une grande statue lui rend hommage à Luanda, la capitale de l’Angola. Elle est également présentée dans la série de l’UNESCO consacrée aux grandes femmes de l’histoire africaine.

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