Qu'est-ce que l'albinisme ?
L’albinisme est une mutation génétique et héréditaire qui se caractérise par un déficit de la production de mélanine. Pigment foncé, la mélanine est responsable de la coloration de la peau, des cheveux et des yeux. L’anomalie touche 1 personne sur 20 000 en Europe et en Amérique. En Afrique subsaharienne où elle est plus présente, le nombre de cas oscille entre 1 personne sur 5000 et 1 sur 15 000, selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Les personnes atteintes d’albinisme sont exposées à un risque élevé du cancer de la peau en raison de leur manque de mélanine. Cette même carence provoque chez elles, une déficience visuelle permanente qui peut conduire à des handicaps. Du fait de cette particularité génétique, surtout en Afrique, les personnes atteintes d’albinisme sont victimes de discrimination, de stigmatisation et d’exclusion sociale à cause de leur couleur de peau très claire.
En Afrique subsaharienne, précisément, elles sont victimes d’abominables croyances et de préjugés issus de superstitions abondamment nourries par des cultes et des rites obscurs. Considérés comme pourvoyeurs de richesse et même guérisseurs grâce à l’utilisation des parties spécifiques de leurs corps dans des rituels innommables, les albinos sont persécutés, pourchassés, élevés et sacrifiés par de ténébreux pseudo-fétichistes dans bon nombre de pays.
En juin 2016, l’ONG Under The Same Sun a recensé, dans un rapport édité, 457 crimes contre les personnes atteintes d’albinisme dont 178 meurtres dans 26 pays pendant les années antérieures. Les pays les plus touchés dans ce rapport sont la Tanzanie avec 161 agressions, la République Démocratique du Congo (61), le Burundi (38), le Malawi (28) et la Côte d’Ivoire (26). Le comble de l’horreur est atteint quand on dévoile l’objet des enlèvements : la vente des corps dépecés comme de vulgaires animaux !
Le Haut-commissariat de l’ONU des droits de l’Homme a rapporté, la même année (2016), que le corps d’un albinos pouvait être vendu jusqu’à 75 000 dollars ! Alors qu’un membre rapportait environ 2000 dollars sur le marché noir. Ces études montrent clairement que les victimes de cette anomalie ne jouissent d’aucune sécurité encore moins d’une protection formelle plus particulièrement dans les pays où ils sont prisés pour les pratiques dénoncées plus haut.
Il devient urgent et d’une nécessité absolue de changer les mentalités et de créer un climat sain et sécurisé pour les albinos. Les organisations internationales mènent déjà des actions allant dans ce sens depuis quelques années. L’ONU a d’ailleurs institué en 2014, la date du 13 juin comme journée internationale de sensibilisation à l’albinisme. Les gouvernements de certains pays ont également engagé des actions contre les chasseurs et tueurs d’albinos.
En Tanzanie par exemple, les meurtres sont passés de 22 en 2008 à 11 en 2015. Au Malawi, un jeune homme de 28 ans a été condamné à mort pour le meurtre d’un enfant albinos en 2019. Toutefois, il faudra redoubler d’efforts pour l’éradication totale de cette discrimination et des persécutions tragiques qui en découlent. Des structures adaptées aux personnes atteintes d’albinisme doivent être élaborées afin de leur permettre de bénéficier d’un bien-être légitime.
Il faut souligner, à cet effet que la plupart d’entre elles n’ont pas accès à l’action médicale dont elles ont besoin pour prévenir le cancer de la peau. Or, il est reconnu que cette terrible affection tue 9 personnes sur 10 avant leur 30e anniversaire. La sensibilisation des peuples d’Afrique subsaharienne est importante afin qu’ils changent leur perception des personnes atteintes d’albinisme.
Celles-ci souffrent d’une anomalie génétique et peuvent naître de deux parents noirs porteurs sains du gène. Elles ne possèdent aucun pouvoir mystique susceptible d’être utilisé comme ingrédient macabre pour enrichir, guérir ou protéger.

